Comment déconstruire les stéréotypes de genre

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Comment déconstruire les stéréotypes de genre

Un combat compliqué

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Les Stéréotypes de genre sont la croyance populaire soutenant que certaines aptitudes ou comportements seraient caractéristiques dès la naissance selon le genre de l’enfant, suivant si le bébé est né avec un pénis ou une vulve.

Les stéréotypes sont inévitables. C’est un moyen pour notre cerveau de trier, catégoriser, ranger les données. Cela nous permet de penser vite et bien.

Ce qui est dommageable, c’est lorsque les stéréotypes deviennent une généralité forte et immuable, et qu’il n’y a plus aucune souplesse dans la pensée : cette rigidité peut provoquer des inégalités contre lesquelles nous cherchons à lutter.

Si cela peut sembler naturel de ne pas vouloir incarner ces stéréotypes, parfois, sans s’en rendre compte, on vient les nourrir, car on baigne dedans depuis toujours.

On peut croire que ça semble évoluer, mais souvent on est surtout dans une bulle où les autres pensent comme nous, et dès qu’on est au contact d’inconnus, on se rend compte que les stéréotypes de genre ont encore de beaux et longs jours devant eux.

Choisissons d’incarner autre chose.

Pourquoi ?

Les stéréotypes de genre sont le terreau fertile des inégalités sociales, du patriarcat et d’un monde où la femme est infériorisée constamment. Pire, ils favorisent des raccourcis de pensée dangereux qui peuvent mener à un mal-être constant de l’enfant devenu adulte. Et si l’on extrapole au max (ce que j’adore faire, comme vous savez), c’est également une pierre de plus sur l’édifice de la culture du viol.

« Oh lala n’importe quoi elle exagère ! »

Apprendre à un garçon la force, la puissance, la persévérance et le courage. Lui mettre dans la tête que « quand on veut, on peut », « qu’il faut se battre pour obtenir ce que l’on souhaite », cela lui donne une posture dominante et toute-puissante

Versus l’éducation d’une fille qui se doit d’être sage, calme, réservée, polie, ne pas faire de vagues, ne pas créer de conflits, être jolie…. Qui nourrit une idée fausse de la petite princesse esseulée en détresse qui a besoin d’un homme musclé et puissant pour la protéger. Cela renforce sa posture de victime et de faible.

Que l’on soit parent de fille ou de garçon, on n’a pas envie qu’un monde pareil continue d’exister. On n’a pas envie que nos filles soient des princesses en détresse ou des victimes. On n’a pas envie que nos fils soient des violeurs ou des bourreaux.
Avons-nous vraiment conscience de ce que nos enfants vont devoir vivre et subir, par la suite, en continuant de suivre des schémas répétitifs et honteux qui datent des siècles passés ?

Les valeurs de douceur, de force, de persévérance, de courage, de calme, de politesse etc.. Peuvent évidemment être transmises, mais de manière équitable, juste, réaliste, optimiste, dans une intention de transmission à nos enfants. Tout ce qui fait d’un être humain une personne empathique, complète, qui se suffit à elle-même, qui sait prendre des décisions, qui peut donner son opinion, qui a la possibilité de dire non et de montrer ses émotions.

Comment ?

N’allez pas tacler la future mamie qui achète de la layette rose… Mais n’oubliez pas de remplir ses placards de bleu, de orange, de jaune, de vert…
N’allez pas hurler au scandale si votre fils aime les camions mais assurez-vous qu’il puisse avoir l’occasion de jouer à la poupée, ou à la dînette

Offrez le choix.

Mieux, soyez ce choix.
L’enfant imite et apprend par l’exemple. Si dans l’environnement qu’il côtoie, il voit que Papa porte du rose, que Maman a les cheveux courts, que Mamie adore les véhicules et que Papi préfère cuisiner, ça aide à déconstruire ces stéréotypes ancrés dans la société (attention, j’te demande pas de te couper les cheveux, ce que je veux dire, c’est que le meilleur moyen d’immerger un enfant dans un monde inclusif, équitable et non-genré, c’est de le vivre soi-même, l’être soi-même, le transmettre depuis son âme.)

C’est un combat bien plus profond que ce que l’on pense. Ce n’est pas une bataille entre le rose et le bleu. Les conséquences sont denses, et ça commence dès la petite enfance.
Dans mon précédent article, je vous racontais comment mon fils se voyait muselé par des enfants qui répétaient simplement leurs apprentissages (conscients ou inconscients) pour se rassurer eux-mêmes du bien-fondé de ce qu’on leur a appris : « C’est bizarre, cet enfant porte des paillettes, les garçons ne portent pas de paillettes, par conséquent, c’est une fille. Et si c’est pas une fille, alors, je peux me moquer parce qu’il n’a rien compris aux codes ».
Si ce schéma de pensée-là n’est plus initialement impulsé dans les esprits de nos enfants, les situations ne pourront pas se produire 🙂

On se moque de mon enfant

Oui, enfin, c’est bien joli, mais si on se moque de mon enfant ? (Parce que même si on met ça en place, va falloir des décennies pour déraciner le truc). Moi, j’ai à coeur une éducation non-genrée, mais mon enfant se retrouve dans une situation critique où il se prend toutes les remarques.

Les chouchoux Upcyclés de Léa, nos p’tits chouchoux !

J’ai 2 questions :

  1. Est-ce que ton enfant le vit vraiment mal ou est-ce qu’il te rapporte simplement un fait ? « Aujourd’hui, on s’est moqué de moi à l’école, ça m’a mis-e en colère ! »
    « Je ne mettrai plus jamais de pantalon à paillettes parce qu’on s’est moqué de moi »
    Sont deux réactions assez différentes : la première est un état de fait. La seconde est différente : l’enfant modifie son choix pour ne pas subir de raillerie
  2. Est-ce qu’on peut l’accompagner, est-ce que ce choix est dissonant à ses valeurs, ou est-ce que c’est ok ?
    L’enfant peut avoir décidé de ne plus porter – à l’école- de vernis, mais continuer à la maison. Pas pour se cacher, mais parce qu’il a compris que ça lui demandait + d’énergie d’expliquer, de se défendre, de débattre, que simplement le retirer. Si c’est OK pour lui ainsi, alors ne le poussons pas non plus. Il n’a pas à être militant pour nous ^^
    Si en revanche il s’insurge, trouve ça injuste, s’agace… On peut l’encourager à soutenir son choix, à expliquer en quoi il aime tel vêtement ou telle couleur, et ainsi, contribuer à éduquer à son tour ses camarades autour des stéréotypes de genre !

Comment l’aider à passer outre ?

On peut lui remplir sa besace de communiquation (la base)
Un enfant qui sait exprimer ses émotions et ses besoins pourra plus facilement passer outre une situation que quelqu’un coincé par ce qu’il ressent sans savoir l’identifier !

Pour leur offrir quelques outils à partager et dont s’inspirer, voici quelques ressources qui encouragent l’enfant à écouter son coeur, qui sensibilisent sur les stéréotypes de genre, et qui permettent à votre progéniture de se sentir en appartenance, dans le juste :

Les affiches de Virginie –Bougribouillons

Commander ici

Celles d’Elise Gravel

Ressources à imprimer gratuitement

Les dépliants de Maman Rodarde

Clique pour imprimer

Les livres qui impulsent ces valeurs

Fille, Garçon” écrit et illustré par Hélène Druvert

« Fille ou garçon, j’ai le droit de rêver de princesses et de châteaux mais aussi d’aventures à grand galop.
Fille ou garçon, j’ai le droit de pleurer, de crier, d’avoir peur ou de me mettre en colère.
Fille ou garçon, j’ai le droit de dire NON ! » »

« Je n’ai pas de zizi.. Il me manque un truc ? » Ecrit par Soline Bourdeverre-Veyssières et dessiné par Violette Suquet

« On ne se définit pas par ce qu’on n’a pas mais par ce qu’on est ! Un joli album qui brise les tabous et prolonge la réflexion autour de l’égalité des sexes et des jeux genrés. »

Rose, Bleu, et Toi, écrit et illustré par Elise Gravel

Un album documentaire pour déconstruire les stéréotypes de genre.?Est-ce que les garçons ont le droit de pleurer ? Est-ce que les filles peuvent être des patronnes? Qu’est-ce que ça veut dire, au fond, être un garçon ou une fille ? Devrions-nous avoir le droit d’aimer qui nous voulons ?

De la même autrice-illustratrice (et ça, ça ressemble pas mal à mes deux jumeaux à venir)

Une fille qui pète ou qui parle fort, c’est possible ? Et un garçon qui pleure, qui fait la cuisine ou qui danse ? Bien sûr ! 
Commander ici

“Les filles peuvent le faire aussi / les garçons peuvent le faire aussi” : un livre qui se lit dans les deux sens (mon idée d’origine pour le livre d’origine que j’avais écrit ^^)

Ecrit par Sophie Gourion, Illustré par Isabelle Maroger

Un album qui invite les enfants à être libres !

De manière plus incluse dans l’histoire (ce n’est pas le thème mais ça s’y prête bien)

“Une pincée de Magie pour Noël” de Marie Cao et Youlie

Un livre où on apprend à signer des mots-clés essentiels, plein de douceur et de belles valeurs

Offrons-leur une enfance non-genrée (ou plutôt, qu’ils aient le choix, alors, multi-genrée ?) Afin qu’ils grandissent libres et épanouis, en se permettant d’être qui ils sont vraiment, sans honte et sans peur !

Et bien sûr…

Lou et c’est tout !

A paraître aux éditions “il était un ebook” mi-novembre ! 

Tu pourras le pré-commander tout bientôt sur le site de la maison d’édition !

Bientôt disponible en pré-commande !

En somme, encourager nos enfants à grandir dans un monde non-genré, pour qu’il soit moins sexiste et moins injuste, c’est réalisable : plus on va planter de petites graines qui pourront germer, plus on aura de chances qu’une jolie fleur ou un délicat légume se mette à pousser dans le potager de nos douces valeurs ! 

Vivre dans un monde plus équitable, ça profite à tout le monde.

Avec des enfants qui apprennent à connaître leurs goûts, à exprimer leurs émotions, à savoir ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas, on contribue à une génération à l’écoute d’elle-même, mais aussi, à l’écoute des autres, capable de se mettre à la place de son prochain, tout en respectant ses propres limites.

Pour que nos enfants puissent libérer leur plein potentiel sans être cloisonnés dans une simple catégorie,
Pour que nous, parents, soyons heureux de les voir librement s’épanouir ! 

Débattre à ce sujet dans l’amphithéâte de Sacréa (prendre le portoloin)

N’hésite pas à nous partager tes ressources pour combattre les stéréotypes de genre, ou nous parler de ton expérience (sur instagram ou en commentaire !)

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